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5 choses à retenir du lancement des États Généraux de l’alimentation

Les États Généraux de l’Alimentation ont été lancés par le gouvernement ce jeudi 20 juillet. De quoi s'agit-il ? Quels sont les objectifs d'un tel dispositif ? Et surtout, que faut-il retenir de cette journée ? Présente au lancement, France Nature Environnement fait le point.

C'est quoi les États Généraux de l’Alimentation ?

Ce jeudi 20 juillet, France Nature Environnement a assisté à l'ouverture des États généraux de l’alimentation assurée par le Premier ministre et les ministres de l'agriculture et de la transition écologique. Mais qu'entend-on par États généraux ? Si le terme change, le principe est le même qu'un Grenelle : asseoir tout le monde autour d’une table, de manière représentative, afin de débattre, proposer des solutions et aboutir à une prise de décision un peu mieux partagée. Actions, lois, plan national… la concrétisation de cette concertation peut prendre de multiples formes. Côté États généraux de l'Alimentation, la finalité reste encore floue, sûrement à cause de la précipitation dans laquelle ils ont été organisés.

Le programme, construit principalement sans consulter les ONG, semble se construire au fil de l'eau. Initialement centrés sur la seule question du « partage de la valeur », ces États généraux ont finalement intégré l'aspect environnement, comme le demandait le mouvement France Nature Environnement. Le double objectif affiché est donc que les agriculteurs puissent vivre de leur travail par le paiement de "prix justes" mais aussi que les modèles agricoles s'adaptent aux attentes des consommateurs, c'est-à-dire une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous.

Pour répondre à ce double défi, le gouvernement a prévu d'organiser une consultation publique en ligne et 14 ateliers thématiques se déroulant de fin août à fin novembre. Ils réuniront des agriculteurs, des industriels, des distributeurs, des ONG et des associations de consommateurs.

Les 5 choses à retenir du lancement des États généraux de l'Alimentation

1. Le président et deux ministres sèchent le rendez-vous à la dernière minute

La date de lancement des États généraux de l’alimentation avait fait l'objet d'une bagarre d’agenda pour pouvoir obtenir la présence de 4 ministres, du premier ministre et du président de la République. Le 20 juillet devait finalement permettre de rassembler tout le monde. Mais, à la dernière minute, Emmanuel Macron, Bruno Le Maire, ministre de l’économie et Agnès Buzyn ministre de la santé ont soudainement décommandé.

Ces désistements interrogent fortement sur l’implication du gouvernement et du degré de priorité des États généraux de l'Alimentation. Pourtant, sans implication politique forte du président de la République et de son gouvernement, il sera bien difficile de mobiliser l’ensemble des secteurs et des parties prenantes.

2. La crise agricole monopolise les débats

Tant dans les interventions du ministre de l’agriculture, du premier ministre, que dans celle venant de la salle des acteurs agricoles et de la grande distribution, le fil rouge de cette journée de lancement a sans conteste été la crise économique du milieu agricole et la question de la répartition de la valeur. Non sans raison, car il y a urgence. Ces crises à répétitions mettent à mal l’agriculture française et montrent la nécessaire transition du modèle agricole.

Deux chiffres à retenir à ce propos :

Les ONG environnementales et les représentants des consommateurs ont signalé, de nombreuses fois, leur compréhension de l'urgence de la crise, mais ont également averti qu’il était impensable de faire reposer la solution uniquement sur le consommateur.

3. L'environnement, question recluse à une seule table

Sous prétexte qu'une table ronde y était consacrée à la fin de la journée, les questions liées à l’environnement ont été mises de côté une bonne partie de la journée. Une approche bien trop compartimentée qui inquiète fortement France Nature Environnement. Pour la réussite de ces États généraux, il est indispensable de réfléchir l'inter-dépendance des questions de santé, d'environnement, d'économie et d'agriculture au risque de passer à côté de solutions réellement durables pour tous. 

En effet, pour sortir de la crise agricole, les réponses pérennes ne peuvent que passer par une meilleure prise en compte des questions d'environnement dans les pratiques agricoles. C'est pour cela que France Nature Environnement défendra un revenu équitable pour les agriculteurs mais attend la même détermination de l'ensemble de la filière agricole pour porter des solutions aux problèmes environnementaux (biodiversité, sols, eau, enjeux climatiques ...).

4. En oubliant pesticides, nano et perturbateurs endocriniens, la table ronde sur la santé se trompe de diagnostic

Parmi les tables rondes émaillant cette journée de lancement, l'une d'entre elle a particulièrement brillé par sa vacuité : celle sur la santé. Alors que la toxicité des pesticides, les nuisances des nanoparticules alimentaires, des perturbateurs endocriniens ou encore la consommation de protéines animales sont au cœur des questions de santé liées à notre alimentation, cette table ronde sur la santé s'est contentée de revenir sur les habitudes alimentaires des Français et la diététique. Un constat largement incomplet et bien décevant pour une question qui, pourtant, concerne et préoccupe l'ensemble des citoyens.

5. Des États généraux de l'Alimentation, pour faire quoi ?

Mais finalement, que faut-il attendre de ces États généraux ? Le ministre a annoncé qu'ils aboutiront sur un Agenda des solutions, sorte de liste d’engagement des parties prenantes, pas vraiment contraignantes. Cette déclaration a soulevé de vives réactions, tout particulièrement des ONG qui demandent de réels engagements politiques de l’État.

En effet, pour France Nature Environnement, un simple agenda des solutions manque clairement d'ambitions. Nous demandons une vraie prise de position politique de la part du gouvernement à l’issu des États généraux de l’alimentation, comprenant des objectifs de moyens et de résultats. Ces décisions doivent se baser sur les conclusions des négociations politiques entre partie prenante à la suite des ateliers.

Les États généraux, trop flous ? Donnons leur un cap avec la consultation publique.

Jusqu'à fin novembre (avec un changement des questions mi-octobre), une consultation publique est menée en parallèle de ces tables rondes afin de mieux cerner les attentes des citoyens concernant notre alimentation. Elle a pour objectif de nourrir la discussion dans les tables rondes et d’appuyer la prise de décisions finales. Les équipes de France Nature Environnement préparent leurs réponses. Si vous souhaitez savoir quelles propositions nous soutenons, nous aider à les porter et ainsi faire entendre la voix de la nature, de l'environnement et de la santé dans ces États généraux, laissez-nous votre adresse mail : votre mobilisation peut faire la différence.

© photo Ja ma
Laissez-nous votre contact afin d'être tenu informé des États généraux de l'Alimentation et recevoir nos positions pour participer à la consultation publique.
Par FNE
Le mardi 25 juillet 2017
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