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Dites NON à l’abattage de 4 loups supplémentaires

Le ministère de l’environnement souhaite autoriser par deux nouveaux arrêtés la destruction de 4 loups supplémentaires. 33 loups ont déjà été tués sur les 36 autorisés jusque-là. Il faut absolument s’opposer à cette décision de détruire toujours plus de loups alors qu’aucune évaluation n’est faite quant aux effets de cette « gestion par la destruction » sur la baisse de la prédation et sur la viabilité de la population de loups.

France Nature Environnement vous invite à vous opposer à cette décision de tuer 4 loups de plus en participant à la consultation du public ouverte jusqu’au 21 février 2017.

Rappel des faits

Pour la saison 2016-2017, 36 loups pouvaient être détruits, et à partir du 32ème abattu, seuls étaient autorisés les tirs de loups à l’approche de troupeaux, soit les tirs de défense. Sauf que les tirs de loup n’ont pas été réservés qu’aux situations de prédation les plus critiques et conformes au cadre dérogatoire, et donc le plafond maximal de 33 loups était déjà atteint avant la fin de l’année 2016.

Aussi, pour "tenir" jusqu’à la fin de la saison fixée au 30 juin 2017, le ministère souhaite faire passer le nombre de loups pouvant être tués de 36 à 40 loups.

Il est à noter que le Conseil national de protection de la nature a rendu à une très large majorité, un avis défavorable à ces deux projets d'arrêtés de tuer 4 loups de plus.

Comment participer à la consultation ?

Rendez-vous sur la page web de la consultation et postez votre commentaire (en bas de l'article, bouton « déposez votre commentaire »). Pour vous aider à rédiger votre réponse, France Nature Environnement a préparé ci-dessous quelques arguments. Seulement, pensez à reformuler car les copier-coller risquent de ne pas être pris en compte dans cette consultation.

Quelques arguments à développer pour marquer votre opposition :

- le ministère n’a mis aucune précaution dans la gestion parcimonieuse du nombre de loups pouvant être détruits. Aucune consigne n’est venue rappeler que les tirs du loup ne devaient concerner que les cas de prédation les plus critiques sur des troupeaux protégés.

- le ministère soutient que le plafond maximal de 36 loups est fixé sur la base d’éléments scientifiques garantissant que le bon état de conservation du loup ne sera pas remis en cause : il n’est donc pas acceptable de faire évoluer le nombre de loups à détruire en cours d’année, sauf à admettre que soit l’évaluation scientifique est peu robuste, que soit l’Etat choisit de ne pas en tenir compte ;

- selon les modélisation mathématique fournies par l’État, on constate qu’en passant de 36 + 4 = 40 loups, les risques que l’espèce régresse ou stagne s’élèvent autour de 71 % : ceci représente de la part de la France un manquement à l’obligation communautaire de protection du loup et de maintien de la population dans un état de conservation favorable et un manquement à ses propres engagements pris dans le Plan Loup en cours (voir infra)

- les données fournies par l’Office national de la chasse donnent ces dernières années, un nombre moyen de loups de 301 loups en mars 2014, 282 individus en mars 2015 et 292 individus en mars 2016. Ces données ne permettent aucunement d’augmenter un plafond annuel déjà trop élevé.

- aucun bilan n’a été réalisé sur la mise en œuvre des tirs autorisés effectués depuis 2014 et de leur impact effectif sur la baisse des dégâts sur les troupeaux,

- aucune évaluation n’a été produite quant aux impacts des tirs sur la population de loups, sur sa dynamique, dont les dernières données de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage font état d'une baisse, et à tout le moins d'une stagnation sur le territoire national, ce qui est contraire aux propres engagements du gouvernement dans le Plan Loup 2013- 2017 et aux objectifs de la Directive Habitats.

- l’Etat lui-même affirme dans la note d’accompagnement de ces projets d’arrêtés que "Pour les années à venir, il conviendrait d’éviter d’avoir à prendre de telles dispositions complémentaires, l’objectif étant que le nombre maximal de loups pouvant être détruits soit fixé à la fin juin de chaque campagne et ne soit plus réexaminé ". Il convient d’appliquer cette conclusion rationnelle dès cette année.

Extraits du Plan Loup 2013-2017

p. 36 : "Une nouvelle approche de calcul du seuil de prélèvement maximal de loups :

Compte tenu de l’état et de l’évolution de la population, il ne s’agit plus désormais de caractériser sa viabilité démographique. La nouvelle méthode retenue par l’Etat a pour objectif de calculer l’impact des prélèvements sur la croissance à venir de cette population.

Conformément aux obligations de la France en terme de protection du loup, cette nouvelle méthode se fondera tout au long du plan sur l’impératif d’une dynamique favorable de la population de loups".

p. 49 : "Afin de garantir le respect de l’exigence liée à l’état de conservation favorable de la population de loups, un seuil maximal de prélèvements sera déterminé chaque année par voie réglementaire. La détermination de ce niveau maximal est fondée sur une analyse scientifique rigoureuse des effets probables des prélèvements sur la population de loups. En l’occurrence, du fait de l’évolution de la population de loups telle que constatée au cours des dernières années, la détermination du seuil maximal se fondera désormais sur l’effet prévisible des prélèvements sur la croissance de la population".

Par fne-writer
Le vendredi 03 février 2017
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