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Le décret plage de nouveau attaqué par les professionnels plagistes

Lors de la deuxième convention nationale des plagistes qui s’est déroulée hier, les professionnels plagistes ont de nouveau réclamé la réforme du décret plage qui encadre les autorisations de concessions sur les plages et sur le domaine public maritime. France Nature Environnement s’oppose à toute modification de ce décret qui concilie protection du littoral attractivité touristique et maintien de l’emploi.

Un chantage à l’emploi défendu par les professionnels plagistes au futur gouvernement

Le Décret Plage du 26 mai 2006 permet d’encadrer les autorisations de concessions sur les plages et donc sur le domaine public maritime pour des services nécessaires et en lien avec l’utilisation des plages. Ce décret organise notamment la part privative et la part du domaine public des plages, une disposition qui dans la plupart des cas n’est pas respectée. En effet, un minimum de 80 % de la longueur du rivage, par plage, et de 80 % de la surface de la plage, dans les limites communales, doit rester libre de tout équipement et installation afin que chacun puisse en profiter librement.

Pourtant, chaque année, les concessionnaires de plages réclament à l’Etat encore plus de souplesse, brandissant la perte de centaines d’emplois alors que la redevance plage ne rapporte au budget général de l’Etat que 6,4 M€ selon le rapport Charpin de 2014. Ce même rapport préconise d’ailleurs une prise en compte des coûts environnementaux dans les montants des redevances (impacts sur les sites et les paysages du littoral et des ressources biologiques constituées, déchets etc.).

Des usages à revoir en lien avec un tourisme durable

Depuis plusieurs années nos plages disparaissent sous les assauts conjugués de l’océan, de la montée du niveau de la mer, et des structures en dur trop rarement démontées comme l’exige le décret à la fin de la saison, qui freinent ou bloquent la reconstruction indispensable de nos plages. Les plans de prévention des risques littoraux des communes littorales, validés par les préfets pointent très clairement les risques liés aux phénomènes d’érosion et de submersion, mais de nombreux acteurs du littoral ont encore du mal à accepter cette inexorable réalité.

Pourtant, les solutions existent, comme en témoignent les politiques positives menées sur certains grands lieux du littoral français. La célèbre plage de Pampelonne sur la commune de Ramatuelle (Var) fait l’objet d’un schéma d’aménagement depuis 2014 étroitement concerté entre la commune et les services de l’Etat pour pérenniser certaines concessions, les organiser, tout en respectant le cordon dunaire et les fonctionnalités écologiques d’arrière dune, nécessaire au bon maintien de la plage, de son engraissement en sable et de la préservation de la biodiversité littorale, véritable source d’attractivité touristique de nos côtes.

Autre réalisation exemplaire, à la Baule, les concessions ont été déléguées par l’Etat à Véolia. Des structures en bois un mètre plus haut que précédemment, donc plus robustes et totalement démontables, devraient être construites dans le respect du décret de 2006 et du domaine public maritime. Les concessions d’exploitation sont attribuées pour 12 ans, dans un souci de stabilisation.

Pour Michel Dubromel président de France Nature Environnement « Notre littoral est précieux, autant pour l’attractivité de notre pays et notre économie touristique que pour les fonctionnalités biologiques de ses habitats. Il est temps que les concessionnaires de plages acceptent qu’à l’heure du changement climatique un décret de plus de 10 ans soit mis en œuvre pour favoriser à la fois le maintien de l’emploi, la protection des populations et un environnement préservé ».

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Par FNE
Le jeudi 11 mai 2017
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