Le contexte
500 000 usines ou "Installations Classées pour la Protection de l'Environnement" (ICPE)
Les ICPE ce sont un demi-million d'installations, du pressing de quartier à la raffinerie de Donges, en passant par les usines chimiques et les porcheries bretonnes. Le monde des installations classées ce sont es pipelines, des process, des substances, de la physique, des molécules, des probabilités...tout un monde qui peut parfois dérouter. Ce sont aussi une multitude de lois, d'arrêtés, de règlementations souvent complexes, et finalement très politiques.
1200 "gendarmes"
C'est aussi, et seulement, 1 200 "gendarmes des usines" chargés de les contrôler, de les accompagner, de les sanctionner, bref, de les suivre au quotidien.
500 000 / 1 200. La juxtaposition de ces deux chiffres suffit à elle seule à présenter la première difficulté de la tâche : un inspecteur pour 400 sites environ. Difficulté qui explique, au moins pour partie, les chiffres qui suivent.
3 à 4 accidents par jour
Ce sont donc, chaque jour entre 3 et 4 incidents/accidents déclarés en France, qu'il faut comprendre par pollutions et/ou incendie, explosion. A ces évènements ponctuels il faut rajouter toutes les pollutions dites " chroniques ", au long cours, qui dispersent des polluants comme les PCB, le mercure, lentement mais sûrement dans l'environnement.
Quelques exemples du passé et du présent
En 1794, déjà, à Paris l'explosion d'une poudrerie faisait 1 000 morts. En 1966, l'explosion d'une sphère de propane à Feyzin faisait 18 morts. Plus proche de nous : AZF en 2001 et un bilan de 30 morts, plus de 2000 blessés et de millions d'euros de dégâts. Il y a également des risques moins visibles mais tout autant dévastateurs : Metaleurop et le plomb, les PCB dans nos rivières, le mercure, les déchets nucléaires, etc.
Nos objectifs
Le monde des risques industriels ce sont bien sûr et avant tout des riverains, des travailleurs, des patrons, des citoyens. Autant de femmes et d'hommes qui, malgré des visions différentes, ont le souci commun d'éviter le pire et de limiter les conséquences en cas d'accident ou de pollution, que ce soit sous la forme d'un nouvel AZF ou d'un deuxième scandale de l'amiante. FNE partage bien évidemment cet objectif.
L'environnement dans tout ça? C'est justement le parent pauvre du risque industriel : la principale préoccupation reste la santé humaine, et l'environnement pèse peu aux côtés du marché, de l'économie, de la concurrence. Inscrit dans la loi, son existence autour des zones industrielles reste marginale. Pour autant, que l'on parle de PCB, de mercure, d'hydrocarbures ou de nanoparticules, la santé de la nature conditionne celle des hommes.
Ce sont précisément tous ces enjeux, tous ces défis qui animent aujourd'hui le réseau risques industriels de FNE. Viser la plus haute performance environnementale, remplacer les installations polluantes et dangereuses par les meilleures techniques disponibles, évaluer la toxicité des produits, substituer les plus dangereux pour l'homme et la nature, exiger les décisions politiques qui s'imposent, dépolluer, réparer les fautes du passé : autant de défis à relever dès aujourd'hui pour préparer demain.
Nos actions sont, pour l'essentiel, de quatre types : lobbying, animation du réseau associatif national, expertise et communication auprès du public. L'action de FNE en matière de risques industriels comporte bien évidemment un volet " contentieux " ou " action en justice " contre les industriels pollueurs et en infraction.
Lobbying
Des grands rendez-vous nationaux du type Grenelle aux salles de préfectures, FNE et ses associations membres siègent dans une multitude de réunions où se négocient et se prennent les décisions en matière de risques industriels. Des représentants nationaux aux bénévoles locaux, la mobilisation du mouvement de FNE se joue à chaque étage afin d'insuffler d'avantage de protection de la nature et de la santé humaine dans un monde qui peut avoir tendance à l'oublier trop vite.
Animation du réseau associatif national
Le réseau risques industriels de FNE, ce sont plus de 200 hommes et femmes, citoyens qui agissent au quotidien partout en France pour réduire les rejets polluants, proposer des alternatives, sensibiliser les décideurs et populations, aider à la maîtrise du risque technologique. FNE, en tant que fédération, a pour mission d'animer et de coordonner ces forces vives pour leur donner des clés d'action, les appuyer dans leurs démarches, favoriser les échanges d'informations d'une région à l'autre, mutualiser les situations locales pour les ériger en enjeux nationaux et ainsi avoir une approche " terrain " la plus globale possible.
Expertise
Très lié au précédent, ce mode d'action permet de contre-proposer, d'analyser en profondeur les études, textes juridiques ou politiques publiques qui rythment le quotidien du monde industriel français. Avec ce réseau de 200 correspondants, professeurs, ingénieurs, médecins, ouvriers, avocats, chercheurs en activité ou à la retraite, FNE dispose d'un vivier de compétences qu'elle ne manque pas de solliciter sur tous types de questions, de la toxicité d'une substance aux conséquences pénales d'une nouvelle loi, par exemple.
Communication
Volet incontournable de l'action de FNE, la communication reste un outil privilégié, que ce soit pour informer, alerter les populations sur l'existence d'un risque, d'une pollution, d'une décision dangereuse, etc. Un double objectif est ici poursuivi : sensibiliser la société civile sur les réalités sanitaires ou environnementales, et favoriser, par une mobilisation des médias, le déblocage politique de dossiers gelés, comme ce fut le cas lors de la campagne nationale sur le mercure menée par FNE en 2009. A cette occasion, le retentissement médiatique a prouvé toute son efficacité et ainsi toute sa pertinence dans la stratégie d'action de structures comme FNE.